Mais il manque un terme pour spécifier certains signes. S'il désigne un signal qui va déclencher un comportement, comme pour les grenouilles amazoniennes, il représente aussi l'adresse qu'un individu signale à un autre, et qui lui est spécifiquement destiné à fin d'un comportement grégaire, lié à la sexualité ou à l'habitat. Il n'est pas de mot particulier qui différentie le signal qui va déclencher une comportement en général de celui qui est porté par l'animal à destination d'un autre membre de son espèce, ce qui pourtant est au fondement même de la grégarité. Ces échanges de signaux qui autorisent un fonctionnement collectif sont fort importants pour nous, puisqu'à l'origine du langage. Un reste se produit là aussi, qui tient au fait que la dépendance de l'animal à ses congénéres, lui apportant un avantage adaptatif certain, l'éloigne en même temps d'une autonomie suffisante dans un milieu moins familier que celui de la grégarité. Le reste de ces signes qui font langage et collectif est d'une importance considérable, puisque représentant l'ensemble de l'aliénation de l'animal à cette coopération.
C'est dans ce domaine des signes collectifs, de ces protolangages que la question de l'hypertélie va proposer d'amener jusqu'au symbole. En effet, certains de ces signes que les animaux échangent spécifiques à l'espèce, vont amener à un signal très particulier, dont la fonction est de rassembler l'ensemble des animaux à cet élément hypertélique. Par exemple, le mégacéros qui a gagné des femelles par des combats dont il a réussi à se désenchevrêtré, est à la tête d'une harde dont la représentation est son hypertélie. Représentation, car pour les autres mâles qui tournent autour, la vision de ce signe particulier, à visée spécifique à l'espèce, autour duquel s'agglomèrent la harde, fait symbole d'appartenance ou d'exclusion. Le symbole est alors ce signe particulier, dont l'hypertélie montre que c'est sa seule fonction, qui spécifie l'appartenance des membres à un groupe. Qu'il soit défini plus tard, dans l'évolution des systèmes de langue des humains, comme l'appartenance de deux personnes à un contrat posé, une coopération ponctuelle signifiée par ce symbole, n'est que la spécialisation d'une fonction en fait existante antérieurement. L'hypertélie des signes sexuels, définissant un sentiment spécifique d'appartenance aux membres de ladite espèce, appartient aux prémisses du symbole, puisque cet organe devient porteur d'une fonction complètement dévolue à la signification, mais non plus essentiellement du côté des fonctions vitales.
Que cet organe souvent dévolu à la communication puisse aussi être encombrant par le sujet qui le porte, voilà un des paradoxes centraux de l’évolution des systèmes sociaux qui se montre, ne faisant qu’annoncer les complications, beaucoup plus tard, du signifiant lui-même. L’avantage adaptatif d’une communication plus précise augmente aussi le degré d’aliénation de celui qui en est porteur, comme dans l’hypertélie.